Burn-out, le mal des bons

burn-out bientôt maladie professionnelle ?
travailler trop, s’isoler et se perdre

Tout le monde connaît quelqu’un qui a est parti en Burn-Out. Ce stress insidieux qui consume ses victimes de l’intérieur. Moi, je l’appelle la maladie des bons… Consciencieux, investis dans l’entreprise, le commerce familial ou la PME prometteuse. C’est aussi la mère dévouée, l’ado coincé dans des études sur-dimensionnées. Ceux qui témoignent parlent d’une spirale infernale qu’ils n’ont pas vue venir.Forcément, on se dit que travailler tard, les week-ends, prendre son smartphone ou son ordi pour un greffon, c’est le pari de tout ambitieux, que l’avancement est au bout du dossier. Ou alors, moins bons que les autres, besoin de plus de temps pour performer. Ce dossier délicat m’a été confié pour tester ma capacité d’évolution. Je ne peux pas décevoir. Cette énième stratégie veut qu’on supprime des postes en répartissant la charge de travail sur les têtes qui restent, sans balayer ce qui est vraiment nécessaire de poursuivre. J’ai du travail, encore du travail, plus le temps de rien. Je m’isole, je m’enferme, je glisse.

Je pourrai écrire longtemps sur l’asphyxie qui guette, tant les situations sont variées et fréquentes. Sauf que certains sombrent, d’autres pas. Faut il être encore plus fort pour ne pas trébucher sur ce qui sera peut être un jour reconnu maladie professionnelle ?

Fort… plutôt ascendant résistant. Parce que finalement, on se rend compte que le sournois s’attaque aux dévoués, aux gens de bonne volonté, à ceux qui ne disent pas non ou qui attendent légitimement une reconnaissance qui tarde à venir. Le sournois touche celui qui doute, qui pallie un sentiment d’infériorité, d’illégitimité en travaillant plus encore.

Avec le recul, je pense être passée tout près de la glissade à deux reprises. J’avais laissé faire, à l’insu de mon plein gré. Un jour, j’ai pris conscience de ma situation et du mal-être installé. J’ai cessé de souffrir en silence. J’ai remis mon manager face à ses responsabilités. Tu m’assommes de travail, donne moi les priorités. Je fais des semaines à rallonge, je t’envoie mes relevés d’heure et je te confronte à la réalité de mes journées. Tu m’as promis une évolution de poste, j’ai fait mes preuves, alors ? J’ai formulé par écrit mes demandes pour prouver, le cas échéant, ma bonne foi. Je me suis recentrée sur mon cœur d’activité et refusé d’en prendre plus. Dès que le périmètre me semblait flou, je demandais que ma contribution soit éclaircie. Au fur et à mesure, je me suis parée d’une protection en kevlar.

Aujourd’hui, je sors plus expérimentée. J’ai développé une arme de détection des Toxiques au travail. Je viens de refuser un job sous-payé pour le périmètre exigé et un partenariat bancal. Même pas mal. Mon remède, certes luxueux, l’indépendance.

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