C’est moi le boss

fauteuil de metteur en scèneSi on m’avait dit qu’un jour je vivrais l’aventure de l’entrepreneuriat, je ne l’aurais pas pris au sérieux un quart de seconde. Moi, j’adorais ma deuxième maison. Je venais travailler chaque matin avec le plaisir de résoudre, d’organiser, de proposer, de partager… et puis il y avait mes copines, mes soutiens indéfectibles et sources d’inspiration pro comme perso.

Et puis, la Maison a entrepris de grands travaux et fait de la place. Tous les plans ont été bousculés.Je suis partie avec mon carton parce que je ne me projetais pas à la place d’une autre. J’avais pris le temps de réfléchir et avais même envisagé sérieusement de me positionner, mais ça c’était avant de comprendre que les dés étaient pipés. Inutile de m’épuiser dans une partie de poker menteur. J’ai donc débuté un congé de reclassement avec une formation tip top grâce à laquelle j’ai pu exaucer mes envies créatives Adobe.

Convaincue qu’avec mon expérience, ma niaque, ma recherche d’emploi serait vite une success story. Je me suis confrontée, non heurtée, à la réalité de la recherche d’emploi… Une autre grande muette : je postule, personne ne répond, le marché est saturé. Ok, je tourne le problème autrement. Grâce à mes rencontres réseau, j’ai ravivé des contacts. J’ai revu des anges gardiens. Des gens qui me connaissent, qui ont détecté mon potentiel à l’époque. On se revoit, on rattrape le temps passé, on se met à jour. Et de ces rencontres naissent une prise de conscience. Tu as des problématiques, je peux t’apporter des solutions. Tu ne peux pas salarier. Aïe. Et une deuxième rencontre, et une troisième. Mon profil intéresse. Chacun avance. Nos routes se croisent à nouveau. Et là, sont jetées des idées, farfelues, qui germent.

Travailler à mon compte ? J’ai peur. Mes anges gardiens sont expérimentés, rassurent, ils sont passés par là. Et ça y est, je commence à m’imaginer travailler pour d’autres directement, freelance. Je me documente. Les entreprises s’appuient de plus en plus sur de la sous-traitance. Le freelance répond à une mutation structurelle du travail. C’est tendance dans les métiers de création, du web et de la com.

Et boum, je bascule. Plus de réponse aux offres d’emploi, je ne me projette plus là. Mes rencontres réseaux deviennent des rencontres prospects. On se comprend, je convaincs. Je me découvre commerciale, négociatrice et plus créative encore. Et les premiers retours sont bons. On me recommande à d’autres.

Je fais le travail que j’aime, je suis appréciée et reconnue. Car un client content le dit et vite. Il rappelle, élargit les missions. Une de mes clientes découvre sa plaquette de présentation que je viens de lui livrer : « j’adore, c’est tout moi, je m’embaucherais moi même« .

Je commence une autre vie pas forcément tranquille. A défaut de sécurité, je donne un sens à mon travail. Je décide, j’investis dans mon outil de production : MOI. Mon emploi du temps change.  Tiens d’ailleurs, demain… Je suis cependant consciente des embûches qui entraveront probablement mon compte en banque. Mais je suis HEUREUSE !

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