Séminaire détox, nouvelle intox ?

séminaire détox pour salariés stressés
séminaire détox pour salariés stressés

En lisant un article paru dans Les Echos.fr intitulé Salariés détoxés = salariés destressés, j’ai éprouvé une impression bien étrange. Sur le principe, on est tous d’accord pour dire que délestés de quelques bourrelets, on se sent mieux.

Parfois la prise de poids est conditionnée par le stress, par de mauvaises habitudes alimentaires (vite, trop et mal), à une incapacité à résister aux apéros chips olives qui narguent dès les beaux jours, à une vie trop sédentaire… Bon, je ne vais marcher sur les plate-bandes des magazines féminins qui attaquent leur peak period. Non, j’ai ressenti de la gêne parce que cet article promeut un choix individuel (déstresser et perdre ses kilos superflus) dans un cadre professionnel. Autant je trouve normal qu’un employeur se préoccupe du bien-être de ses collaborateurs en leur offrant un environnement sûr et des conditions de travail acceptables. Autant, je trouve ambiguë son envie de les voir mieux dans leur peau parce qu’amincis. Même si ce n’est pas faux…

Qu’un entrepreneur souhaite lâcher du lest et choisisse à titre personnel de suivre une cure « débranchée », grand bien lui fasse. Qu’en rentrant de sa semaine d’aération, il préconise la même chose à ses managers, là c’est border-line. Son rôle n’est-il pas plutôt de s’attaquer à la cause ?

Je me souviens d’un PDG qui avait consulté une naturopathe à titre perso, il y a une bonne dizaine d’années. On lui avait tenu un discours diabolisant le lait de vache, ses dérivés et la viande rouge. Aujourd’hui on y ajouterait probablement le gluten. Qu’à cela ne tienne, si c’est bon pour ce PDG, c’est aussi bon pour son Comité de Direction. L’intention est bonne. Tous passent un entretien individuel avec la naturopathe. Cette dernière forme la cuisinière dédiée à ce petit monde, au bio et à la tarte aux orties. Les viennoiseries sont remplacées par des fruits secs (tout autant caloriques au regard des quantités ingurgitées), le café par du thé vert. Le dernier étage sent bon le poisson en fin de matinée. Le frigo est vidé de toutes substances « illicites » (bulles et beurre). Au début, ça surprend et ça amuse. Puis, ça agace. Au final, la démarche mal expliquée n’a pas conquis ses cibles qui ont vite gloussé dans le dos du big boss. J’ai vu un patron corrompu à la côte de bœuf et complètement hermétique au diktat du moment, s’amuser du comique de la situation. « Le patron nous met une pression de dingue pour nos objectifs, alors ses lubies et ses problèmes digestifs, on s’en bat les … »

Encore une initiative mal préparée : com sous-estimée, résistance au changement avérée, plantage assuré !

 

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