#Enceinte au travail, bof ou ouais ?

pregnancyLa nouvelle est officielle, ELLE est enceinte. ELLE symbolise toutes les femmes qui bossent, un peu, beaucoup, depuis longtemps ou pas… peu importe son profil, le stress est toujours un peu le même. Comme l’atteste l’étude réalisée en juin 2015 par Premup, l’annoncer à son manager reste un moment délicat car ELLE redoute toujours un peu sa réaction. Officiellement, c’est génial. Officieusement, le manager va devoir composer avec une absence plus ou moins longue, redistribuer le travail et les dossiers, réorganiser.

Alors bien sûr, j’entends les féministes dire que la grossesse n’est pas une maladie. Que ça ne change rien, qu’on est aussi performante. Les médecins soulignent cependant une augmentation de la fatigue, des maux de dos et des insomnies chez les femmes enceintes. Toutes ne sont pas égales face aux temps de trajets, modes de déplacement, charge de travail, stress, amplitude horaire, environnement, charge familiale, etc.

ELLE est enceinte ? Formidable. Je me réjouis pour elle et comme je suis un très bon manager, je réduis ou aménage ses déplacements : pas de TGV aux aurores ni des journées interminables. Elle travaille seule sur ses dossiers, j’anticipe tôt son remplacement en proposant un binôme pour la seconder d’une part, et la relayer plus tard. Son rythme est frénétique, je facilite le home office une à deux fois par semaine : moins de trajet, c’est forcément moins de fatigue.

Et comme je suis un très bon manager, je prends régulièrement de ses nouvelles sans être intrusif. J’en profite pour expliquer, si nécessaire, au reste de l’équipe qu’ELLE a le droit de s’absenter pour ses r.v médicaux, peut bénéficier d’un aménagement d’horaires, sans pour autant être une profiteuse. En se montrant accommodante, l’entreprise permettra à ELLE de vivre plus sereinement sa grossesse au travail, de réduire les arrêts maladie ou le recours au congé pathologique.

Lorsqu’ELLE, heureuse maman, est de retour, je facilite sa reprise en organisant un moment convivial avec les équipes. Je lui accorde du temps dès son arrivée pour cerner son état d’esprit, sa motivation. Je balaie les événements des derniers mois, les difficultés traversées par l’entreprise, j’annonce les nouveaux contrats, les enjeux prioritaires. Je ne manque pas de faire un focus sur son remplacement, la gestion des dossiers sans en faire trop. Car louer les qualités du back-up est aussi anxiogène que n’avoir pas été remplacée pendant plusieurs mois. La maman peut se s’interroger sur l’importance de son travail si la boîte peut s’en passer 4 mois.

Il y a encore du chemin à parcourir avant de banaliser la maternité comme un élément du cycle normal d’une carrière. La gestion de la maternité est un formidable thème de workshop managers et l’occasion d’aborder les droits des femmes enceintes. Inciter les pères à accompagner leur conjointe, à jouir du congé paternité, à arriver plus tard le jour de la rentrée scolaire… c’est aussi lutter contre les stéréotypes. Et donc un thème de communication interne/externe.

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