Joignable en vacances, Back up ou F**k ?

Joignable en vacances ? Non merci, plus maintenant.
Joignable en vacances ? Non merci, plus maintenant.

Période estivale oblige, abordons le brûlant sujet de la gestion des absences l’été. Plusieurs tendances : tu pars quand tu veux, à condition d’avoir un back up qui récupère ta ligne téléphonique et tes recommandations/consignes pour quelques dossiers sur le feu.

Tu pars quand tu veux mais tu restes joignable y compris à l’étranger, en treck sans antenne relais.

Tu pars quand tu peux parce que tu n’as pas d’enfant, pas de conjoint fixe, peu d’ancienneté et que tu fais la permanence de tous les autres.

Imposer à un collaborateur d’être joignable pendant ses congés, quel qu’en soit le bien fondé,  n’est pas légal et pourtant très courant voire incontournable quand on grimpe dans la hiérarchie.

Les raisons d’accepter ce fil à la patte sont multiples. La peur du vide, tellement habitué à consulter sa messagerie pour se sentir dans la mouvance de l’entreprise, le collaborateur part avec téléphone, chargeur et même son portable au cas où. Le plan de carrière de l’ambitieux ne souffre d’aucune pause et l’été est même une période propice pour se faire remarquer. Pendant que les autres bullent, l’ambitieux marque des points en dépatouillant le litige épineux qui ne manque pas de tomber tous les étés. Il le fait en affichant un réel détachement pour montrer combien on peut compter sur lui en toute occasion. Il y a aussi le control freak qui poursuit sa surveillance même à distance. J’ai connu un patron qui jetait un oeil à tout le courrier de ses direct reports. Pendant ses congés, le courrier faisait le crochet par St Trop avant d’être retourné à ses destinataires 3 ou 4 jours après. La laisse était courte.

Même s’ils s’en défendent, rester joignable est une source de stress pour les cadres. Devoir s’isoler de l’apéro des copains, du bord bruyant de la piscine ou de la visite guidée, c’est aussi s’attirer les foudres de son conjoint ou de ses enfants. « T’es avec nous là, oui ou non ? ». « Bon ok, on se calme, c’est les vacances. » « Ah ouais vraiment, on dirait pas ».

Pour limiter la servilité, petits conseils : demander à être contacté par sms ou mail, moins intrusif que le téléphone. Limiter le temps de connexion et d’accessibilité à une plage horaire établie. Si on a opté pour des vacances nomades, avertir d’une prise en compte des messages sur un ou deux points de chute. Ce qui évitera à la messagerie de s’enflammer faute de réponse.

Pour moi cette année, pas de wifi, pas d’ordi. Je décroche pour mieux raccrocher dans 3 semaines. Mais ma messagerie reste quand même ouverte à mes clients…

Laisser un commentaire