Homos au boulot, du nouveau ?

neckties-210346_1920« Faut-il faire son coming out au bureau ? » J’ai été interpellée par l’article, paru dans Management nov 2015 , qui se penche sur les discriminations tenaces et l’hostilité encore constatées dans le monde feutré des bureaux.

Même si certaines questions sont interdites en entretien d’embauche, il n’en demeure pas moins qu’elles sont abordées plus ou moins subtilement. Une jeune femme est à coup sûr cernée sur son souhait de maternité mais un homme célibataire ou sans enfant questionne également le recruteur. Le côté « atypique » du profil peut tout à fait déconvenir au client d’un cabinet de recrutement. A l’exception des environnements créatifs, culturels et de la mode, les préjugés sont tenaces.

Lorsque certains collaborateurs souhaitent s’affranchir de ce poids, ils sont parfois découragés par leur hiérarchie qui ne veut pas attirer l’attention sur le service, à tort ou à raison. Après les débats sur le mariage pour tous, on aurait pu penser que la parole se libérerait, au moins à la machine à café. Que nenni. Les homos se sont encore plus retranchés de peur d’être débusqués. Quelques figures de proue de l’économie, de la politique ont décidé de lever le mystère. Cependant, plus le diplôme est élevé, plus le risque de déclassement social muselle le salarié gay. On constate aussi une fracture entre les grandes villes et les petites communes.

On pourrait très bien penser que ce qui se passe dans la chambre à coucher des salariés n’a pas d’incidence sur la vie de l’entreprise. Et bien, on a tort. Celui qui est contraint d’employer un vocabulaire neutre pour parler de son conjoint, d’encaisser les blagues homophobes, de veiller à ce que sa tenue ou son intonation n’éveillent pas de soupçons, dépense énormément d’énergie au détriment de sa qualité de vie professionnelle. Surtout que l’entourage professionnel peut déceler des fêlures ou un malaise quand on parle de covoiturage ou d’activités communes en séminaire. Alors qu’une fois l’abcès crevé, la suspicion est levée. Il m’est arrivée d’observer le manège d’un collègue déployant beaucoup d’efforts pour parler de supposées ex-copines alors que tout le service se marrait, tant sa gay-attitude ne leurrait personne. J’éprouvais de la peine pour lui. Mes collègues estimaient que ses contacts pros auraient du mal à l’accepter tel qu’il est. C’est d’une tristesse.

Je ne prends aucun risque en disant qu’un long travail sur l’acceptation de toutes les diversités va occuper les RH et les services Com, ces prochaines années.

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