Bienveillance au travail, une utopie ?

Quand les entreprises parlent de bienveillance, on peut légitimement s’interroger sur la sincérité d’un tel discours. Autant prendre soin des autres est normal dans la sphère privée autant cela peut-il inspirer de la méfiance dans un cadre professionnel. En effet, l’entreprise reste souvent maladroite. Il suffit de regarder l’augmentation de l’absentéisme, des burn out, des dépressions, des procédures à l’encontre de managers et d’une direction maltraitante. Alors quand une Direction annonce à ses cadres son souhait de « prendre soin » des collaborateurs, on s’attend plus à un remplacement du parc des machines à café qu’à une révolution de fond. Et pourtant…

Le phénomène remonte à une quarantaine d’années, lorsqu’une scientifique d’Harvard, Carol Gilligan, publie ses travaux autour du « prendre soin ». Principalement relayées dans le domaine du soin et de la santé, ces pratiques seront adoptées par les entreprises de service, au bénéfice des clients.

Viendront alors les belles années autour de la satisfaction des clients, du luxe au fast-food. Il ne sera bientôt plus que de stratégie d’engagement, d’amélioration de l’expérience client, de reconnaissance et de fidélisation. Le client, c’est celui qui nous fait vivre. Le client, c’est celui qui nous fait avancer. Enfin, pour être honnête, la concurrence aussi. Car nombre de projets mis de côté trouvent un regain d’intérêt lorsqu’on apprend que la concurrence s’y intéresse aussi.

Et les collaborateurs dans cet imbroglio ?

Il y a eu la boîte à idées, les représentants du personnel, les cafés participatifs, etc. Chacun ayant pour finalité de partager des bonnes idées, des envies de mieux et surtout de les faire remonter à la Direction. On ne parlait pas encore de management participatif comme ligne conductrice. Les start-up sont passées par là. Elles ont montré qu’on pouvait tous avoir de bonnes / mauvaises idées, des besoins qui évoluaient, des souhaits d’implication, l’envie d’être associé aux réflexions stratégiques. Et j’en passe.

Et dans les PME, c’est pareil. Le patron est devenu accessible, à l’écoute du terrain, de ses usines. Il s’est rendu compte que chauffer un peu le vestiaire l’hiver, rendait ses ouvriers moins grincheux. Qu’assouplir les horaires de travail n’altérait ni son autorité ni la productivité ! Au contraire, le collaborateur arrivait certes plus tard, mais il ne se mettait plus en « maladie » pour un oui ou pour un non. Il surmontait ses difficultés et ne voulait pas mettre ses collègues, son patron dans l’embarras.

bienveillance sourirePrendre soin, c’est aussi connaître ses équipes, leurs envies, leur potentiel. C’est favoriser la mise en place de programmes de formation interne, avec ceux qui savent vraiment.

C’est partager les connaissances, mettre en valeur les anciens de l’entreprise. C’est valoriser le coup de main quand on a moins de travail que ses collègues. La vraie force des petites entreprises, qui n’ont pas la chance de doubler les postes, c’est de cultiver cette « transparence ». Il est possible de parler de tout, de faire part des succès comme des déceptions. Quand tout le monde s’est mobilisé sur un important appel d’offres, il faut savoir inverser l’immense déception de se voir non retenu.

Cette implication directe passe évidemment par celle de ses dirigeants. Ils doivent montrer l’exemple. Il n’y a pas de hiérarchie dans la politesse. En respectant une heure de début et de fin de réunion, en donnant des instructions claires. En considérant les conditions de travail, le bruit incessant du téléphone et de celui des autres, les dérangements intempestifs.

Pour attirer et garder des talents, améliorer les conditions de travail (im)matérielles est le vrai défi des entrepreneurs.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.