Éviter l’épuisement en télétravail

Avant la pandémie du COVID-19, beaucoup rêvaient de télétravail. Force est de constater, après deux mois de travail à la maison, que le télétravail ne répond pas à toutes les promesses. Plusieurs obstacles ralentissent ou empêchent de bien travailler à la maison. Explications.

Difficulté de concentration

Alors que l’on s’est plaint du bruit incessant de l’open space, source de brouhaha incessant, voilà qu’au calme du domicile, on éprouve aussi des difficultés de concentration. Le paradoxe du travail à la maison c’est que justement, on est à la maison, avec les soucis de la maison. Un lave-vaisselle à vider, une machine à laver à lancer, des repas à préparer. Le syndrome d’éparpillement est fréquent. Et passons sur la présence d’autres personnes au foyer, parce que gérer l’école, les devoirs, le partage de la 4G et de l’ordinateur en s’imaginant à 100 % de son travail est une pieuse gageure.

Gestion du temps difficile

Certes, pas d’embouteillages sur le trajet salle de bain – séjour. Il n’empêche que travailler à la maison, c’est s’affranchir des horaires habituels. Certains travailleurs s’installent très tôt ou finissent plus tard justement parce qu’à la maison, on a d’autres contraintes. De plus, ne pas sous-estimer la crainte de passer pour une feignasse alors on en fait bien plus, on borde, on télécharge les documents avant que le réseau ne sature. Contrairement au bureau où en laisse pour le lendemain, là on termine sa tâche. Parce que c’est trop bête, il ne reste pas grand-chose à finir. Et puis le temps de se relire, de sauvegarder, d’envoyer un dernier mail, il s’est écoulé une heure trente…

S’organiser de nouvelles habitudes peut prendre du temps. En effet, les briefings se font au téléphone ou en visioconférence. On se connecte avant, on a toutes ses notes sous les yeux. Le son ou l’image laissent parfois à désirer, on tend plus l’oreille, on est hyper concentré. Le télétravail de confinement implique une ultra disponibilité. Certains managers abusent parfois.

Conditions de travail inadaptées

Force est de constater que les conditions de travail à la maison ne sont pas toutes idylliques. La chaise design n’est pas ergonomique, on a le dos en compote au bout de deux heures. Travailler avec un casque n’est pas confortable sur la durée, on frôle l’otite et les acouphènes. Mais comme toutes les réunions de projet sont organisées au téléphone ou en visio, pas le choix.

Un portable léger, c’est génial en déplacement ou en salle de réunion. Sauf qu’avec son petit écran, on s’abîme les yeux. Les tableaux excel sont tellement plus lisibles à l’aide du double écran de son bureau, à bonne hauteur.

Heureusement, il existe des solutions

  • Pour améliorer sa concentration, il est intéressant de se fixer un objectif atteignable avec une limite de temps.
  • Ne traiter qu’un seul sujet à la fois et jusqu’au bout.
  • Alléger sa charge mentale en notant les idées qui surviennent pour éviter d’avoir à les rechercher longtemps dans sa tête
  • Ne pas regarder les notifications qui arrivent sur son portable en le retournant sur le bureau.
  • Se fixer une plage de travail de 30 mn à une heure maximum et faire une vraie pause en se levant, en marchant 5 mn, en allant boire un thé.
  • Planifier son travail dans son agenda : de 9 h à 10 h : dossier Machin ; de 10 h 15 à 11 h : appels équipe projet ; de 11 h à 12 h 30 : dossier Bidule, etc. Un agenda correctement rempli permet d’avoir la satisfaction d’avoir fait quelque chose de sa journée
  • Pour les conditions de travail, difficile de faire un miracle en si peu de temps. Néanmoins, en fonction de ses contraintes, on peut répartir les temps de connexion, de silence, de disponibilité en se mettant d’accord en amont avec les membres du foyer. Rompre avec la routine, c’est aussi s’installer (dans la mesure du possible) à un endroit différent chaque jour. Comme dans les espaces de coworking où chaque membre bouge. On commence par la cuisine, puis le séjour, on passe un appel dans sa chambre, on revient dans le couloir.
  • Travailler à domicile, c’est faire l’économie de la tenue tirée à quatre épingles. Cependant, le confort ne doit pas pour autant signifier négligence. En matière de concentration, s’habiller pour le travail contribue à rythmer ses journées et à les différencier du week-end.

Plus de liberté, c’est grisant

Transformer cette situation de travail en mouvement pérenne implique de ne pas s’enfermer dans les seules urgences, au risque de se placer dans un tunnel. C’est la raison pour laquelle de nombreuses offres de formation, d’ateliers et de partages de compétences ont vu le jour pendant cette période de confinement. Elles contribuent aussi à la prise de recul, à la détente intellectuelle. Construire sa pensée permet de développer la confiance et la sérénité.

Les managers réfléchissent à la reprise progressive. Tout le monde n’aura pas vécu le même confinement (surmenage, troubles, addictions). Il serait intéressant de programmer un entretien individuel avec chaque collaborateur au moment de sa reprise afin de prendre la température sociale et surtout déceler des situations qui ont pu devenir problématiques. Lorsque cela est possible, aménager un retour à la normale par palier. Après plusieurs semaines d’informations anxiogènes et de détox forcée, les entreprises vont repenser leurs temps de partage, leur discours et parfois leur offre de service.

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